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Dakar : Interdiction d’une marche contre la vie chère

samedi 29 janvier 2011

Une marche nationale de syndicats contre la « vie chère », prévue vendredi à Dakar, a été interdite par les autorités qui la trouvent « sans objet » après de récentes annonces du gouvernement sénégalais en vue de faire baisser les prix, a-t-on appris de source officielle.

« La marche est interdite parce qu’elle est maintenant sans objet. Le gouvernement a montré de bonnes dispositions pour mettre en place une commission dans laquelle les syndicats seront représentés » pour une baisse des prix des denrées de première nécessité, a déclaré à l’AFP le préfet de Dakar, Ibrahima Sakho.

Le ministre du Commerce, Amadou Niang, a récemment annoncé une baisse prochaine des prix de plusieurs denrées de première nécessité, dont le riz, principal produit consommé au Sénégal et l’oignon, qui ont subi une forte hausse ces dernières semaines.

Pape Diallo, un responsable de la Coordination des centrales syndicales, un regroupement de 12 syndicat sur les 18 du pays, qui avait appelé à la marche de vendredi, a estimé que les syndicats avaient « largement obtenu satisfaction ».

En revanche, un autre responsable de la Coordination, Sidya Ndiaye, s’est prononcé pour un maintien de la manifestation, appelant « à braver (la décision) d’interdiction de la marche et faire face » aux autorités.

Une réunion des syndicats est prévue vendredi après-midi pour harmoniser leurs positions.

Dans un communiqué transmis vendredi à l’AFP, la Ligue sénégalaise des droits humains, organisation de défense des droits de l’homme, « condamne de la façon la plus ferme le gel des libertés publiques au Sénégal avec l’interdiction systématique des marches pacifiques envisagées par divers segments de la société et dont la dernière en date est celle de la Coordination des Centrales Syndicales Unies prévue ce vendredi ».

Elle « dénonce une atteinte grave à des droits fondamentaux et essentiels en démocratie, reconnus et protégés par toutes les conventions internationales et par la constitution sénégalaise ».

Elle « invite enfin les dirigeants africains à tirer des leçons de l’histoire ancienne et récente » et « à se convaincre qu’il ne peut pas y avoir de paix sociale et de stabilité politique sans le respect du libre exercice des droits démocratiques au rang desquels les libertés d’expression et de manifestation »

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