«  SENEMAFIA  », NOUVEL ALBUM DE MAKHTAR LE KAGOULARD : Des maux pour le dire

Le rappeur Amadou Makhtar Sy is back. Après sept ans d’absence, l’homme à l’éternelle cagoule (d’où le surnom Kagoulard) qui vit depuis sept ans aux Etats-Unis effectue son retour artistique. L’ex-pensionnaire de Rapadio a sorti, le 18 janvier, «  Senemafia  », un nouvel album solo


Le nouveau disque «  Senemafia  » d’Amadou Makhtar Ly dit Kagoulard est celui d’un écorché vif qui s’inscrit dans la lignée de ses textes engagés et bien inspirés. Le régime libéral et sa «  mal gouvernance  » sont rudement cloués au pilori. C’est ce qui fait la force du titre éponyme. Sur une musique dynamique signée des meilleurs beatmakers du rap sénégalais comme Zinc, Baboye (Dre), Mohamed Fall, Ely Dazz ou Mamadou Gadio, un autre morceau, «  Kill Bitch ass yi  », imprime un tempo hardcord à l’opus. Dans cette combinaison, Makhtar le Kagoulard réaffirme le rôle qu’il a joué dans le mouvement hip hop sénégalais. A l’endroit de ses détracteurs qui ont assimilé son séjour américain comme «  un départ volontaire  » de la scène, il a décoché quelques clashs tout en jetant un regard critique sur le rap sénégalais. «  Je pense que ce serait hypocrite de ma part de ne pas parler du comportement déplorable de certains rappeurs, particulièrement de ces jeunes du « blow movement ». Il faut éviter de ternir l’image de marque du hip hop sénégalais, car nos réalités et celles des Américains sont différentes  », a-t-il expliqué lors d’une vidéoconférence, lundi dernier, au Just 4 U où il présentait son nouvel album. Selon lui, tous les artistes américains qui font du blow sont devenus célèbres uniquement parce que c’est une stratégie adoptée par le système pour enterrer le «  real hip hop  ». Un système qui ne veut pas d’un rap radical, révolutionnaire et engagé.

Dans le titre «  101 commentaires  » où il utilise un flow et des lyrics bien affûtés, la relation entre le marabout et son talibé y est fortement décriée. «  Il y a au Sénégal de bons marabouts qui ne te parlent que de Dieu et de Muhammad (Psl), mais malheureusement il y a aussi des disciples de Satan. Le problème est que le Sénégalais « beugoul deeg deugg  » (le Sénégalais n’aime pas qu’on lui dise la vérité)  », assène le rappeur. Il estime qu’il a juste essayé de parler à ses «  jeunes frères  » et leur dire de faire attention à tous ces individus avides d’un pouvoir socioreligieux sans limite et qui peuvent les induire en erreur. C’est dans les années 1990 que Makhtar a commencé à taquiner le rap. Après avoir quitté son quartier de Grand Dakar, il va vivre dans la banlieue dakaroise, plus précisément à Thiaroye. En compagnie de son ami d’enfance, Omar Ben Khatab, ils fondent le Bmg et sont plus tard rejoints par Matador et Nigga E (Muhammad Malick). Ensuite il rejoint le Rapadio, un groupe avec lequel il a composé des tubes comme «  100 commentaires  » et «  Soldaaru mbed  » (le soldat de la rue). Gageons que son nouvel opus «  Senemafia  » va s’inscrire dans la continuité de ces productions à succès.

El Hadji Massiga FAYE

Source : Le soleil

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